
Le 12 septembre 2025, la Paroisse de BUKEYE a réuni fidèles, natifs et amis pour une journée de commémoration des victimes des crises qui ont marqué l’histoire du Burundi. Placée sous le signe du pardon et de la réconciliation, cette commémoration s’inscrit dans le projet « Appui à la réconciliation des communautés burundaises à travers le traitement ouvert du passé », conduit par la CDJP BUJUMBURA avec le soutien de Misereor.
La célébration s’est ouverte par une Messe à l’église paroissiale, présidée par Mgr Anatole RUBERINYANGE, Vicaire général de l’Archidiocèse de BUJUMBURA, entouré de plusieurs prêtres : l’Abbé Anicet NSHUMBUSHO, Secrétaire exécutif de la CDJP Bujumbura, l’Abbé Clovis NDUWIMANA, Curé de BUKEYE, et l’Abbé Sylvestre BARAMPAMA, Secrétaire exécutif adjoint.

Dans son homélie, Mgr Anatole RUBERINYANGE a rappelé que « commémorer les souffrances du peuple de Dieu, c’est se référer à la Croix glorieuse du Christ ». Il a invité les Burundais à reconnaître leur responsabilité commune dans les violences du passé et à prier pour que la Croix libère les cœurs de la haine, de la vengeance et de la division. Saluant les efforts de la CDJP BUJUMBURA et de la Paroisse, il a encouragé les fidèles à croire en la force du pardon, malgré les défis.
Le Curé de BUKEYE, l’Abbé Clovis NDUWIMANA, a rappelé que la communauté honorait ensemble la mémoire des victimes des crises de 1965, 1969, 1972, 1993, 1994, 1998 et des périodes plus récentes. « Toute la population a été touchée par ces tragédies », a-t-il souligné, avant de mettre en lumière l’impact positif du projet, perceptible dans l’engagement social croissant des fidèles. Il a toutefois reconnu des obstacles persistants, notamment la difficulté de demander ou d’accorder publiquement le pardon.

Un moment fort a marqué la célébration : une réception symbolique, en signe de levée de deuil définitive pour toutes les victimes. Plusieurs bénéficiaires du projet ont témoigné de la paix intérieure retrouvée. Certains ont affirmé avoir pardonné aux auteurs des violences qui ont tué leurs proches. D’autres ont dit avoir surmonté les clivages ethniques et retrouvé la liberté de parler de leur passé douloureux.
Au nom de la CDJP, l’Abbé Anicet SHUMBUSHO a salué l’engagement de la communauté de BUKEYE. Il a rappelé que la mission de la Commission est de promouvoir la paix et la cohésion sociale, et non de juger les litiges. Il a invité la population à participer aux formations et groupes de dialogue, affirmant que « partager les blessures du passé est la première étape vers la guérison ».

Présent à la cérémonie, l’honorable Yves Sahinguvu, natif de Bukeye, a évoqué la richesse de l’histoire locale – « terre fertile, écoles reconnues, paroisse dynamique » – mais aussi ses profondes blessures, notamment les massacres de 1965 à BUSANGANA. Il a exhorté les habitants à tirer pleinement profit du projet de réconciliation et à préserver l’unité et la solidarité.
En clôturant, les participants ont exprimé un souhait commun : que la Paroisse BUKEYE, à l’approche de son centenaire, devienne un modèle de pardon et de fraternité. Un rappel que la réconciliation n’est pas seulement un devoir de mémoire, mais un chemin d’avenir pour tout le Burundi.
Rénovat Niyonsenga – CDJP Bujumbura