Du 27 au 31 juillet 2026, la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) Bujumbura a organisé, au Mont Sion, une formation de cinq jours sur l’approche sensible aux traumatismes et les techniques d’animation des groupes de parole. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Les Voix des Femmes : Mémoire et Résilience face aux Crises », qui vise à accompagner les femmes affectées par les différentes crises qu’a connues le Burundi et à contribuer au renforcement de leur résilience ainsi qu’aux processus de réconciliation et de consolidation de la paix.
Dans la mise en œuvre du projet, les équipes et les animateurs sont appelés à accompagner des femmes ayant vécu des expériences parfois douloureuses et traumatiques. Les groupes de parole, les entretiens individuels et les activités communautaires peuvent amener les participantes à évoquer des souvenirs difficiles et à vivre des réactions émotionnelles importantes.
La formation avait donc pour objectif de renforcer les capacités du personnel et des animateurs paroissiaux afin de garantir un accompagnement psychosocial sûr, respectueux et adapté aux besoins des participantes. Elle visait également à prévenir les risques de retraumatisation et à permettre aux animateurs d’identifier les situations nécessitant une orientation vers des services spécialisés.

Au cours des cinq jours, les participants ont approfondi leurs connaissances sur le traumatisme, ses différentes formes, ses effets psychologiques, physiques et sociaux, ainsi que sur la résilience. Une attention particulière a été accordée aux principes de l’approche sensible aux traumatismes, notamment la sécurité, la confiance, le respect, la participation et l’autonomisation. Les participants ont également été formés aux techniques d’écoute active et de communication empathique, à la reformulation, à la validation des émotions, à l’utilisation des questions ouvertes et à la gestion des situations émotionnelles difficiles. La formation a également porté sur les techniques d’animation des groupes de parole : préparation d’une séance, accueil des participantes, établissement des règles de fonctionnement, gestion du temps, participation de tous les membres du groupe et clôture de la séance.
L’approche pédagogique a privilégié la participation active à travers des exposés interactifs, des études de cas, des travaux de groupe, des exercices pratiques et des restitutions en plénière. Ces méthodes ont permis aux participants de mettre directement en pratique les connaissances acquises.

Un accent particulier a été mis sur la capacité des animateurs à faire face aux différentes réactions pouvant survenir au cours d’un groupe de parole, notamment les pleurs, la colère, le silence, la reviviscence d’un événement traumatique ou encore les conflits entre participantes. Les participants ont été sensibilisés à l’importance de ne pas juger, de ne pas forcer une personne à parler et de respecter son rythme et ses limites. Ils ont également été rappelés aux limites du rôle de l’animateur, qui doit savoir reconnaître les situations nécessitant un accompagnement professionnel spécialisé.
Cette approche vise à faire des groupes de parole des espaces sécurisés où les femmes peuvent s’exprimer librement, dans le respect de la confidentialité, de la dignité et de la volonté de chacune.
La formation a également permis d’harmoniser les pratiques des animateurs paroissiaux. L’objectif est que les groupes de parole mis en place dans les différentes paroisses soient conduits selon des principes et une méthodologie communs, tout en tenant compte des réalités propres à chaque communauté.
La formation a réuni 23 participants, dont 14 animateurs paroissiaux, 8 membres du personnel de la CDJP Bujumbura et un facilitateur. Cette participation conjointe a favorisé les échanges d’expériences et renforcé la collaboration entre le personnel du projet et les animateurs.
Cette formation constitue une étape importante dans la mise en œuvre du projet « Les Voix des Femmes : Mémoire et Résilience face aux Crises ». Elle permettra aux équipes et aux animateurs de mieux accompagner les femmes dans leur parcours de résilience et de créer des espaces favorisant l’écoute, le dialogue et la reconstruction des liens sociaux.
A travers les groupes de parole et les autres activités du projet, la CDJP Bujumbura entend contribuer à ce que les femmes puissent faire entendre leur voix, partager leurs expériences dans un cadre sécurisé, renforcer leur résilience et participer activement aux processus de réconciliation et de consolidation de la paix au sein de leurs communautés.