Commission diocésaine Justice et Paix Bujumbura

Journée de Commémoration à Muramvya : une célébration de mémoire, de prière et d’espérance

Ce vendredi 28 novembre 2025, la Paroisse Muramvya a tenu une journée de commémoration dédiée aux victimes des violences passées. Au total, 1200 personnes tuées ont été répertoriées et confiées à la prière de la communauté. Ce moment de recueillement a rassemblé de nombreux fidèles venus honorer la mémoire de leurs proches et raviver l’espérance d’une société réconciliée.

La messe a été présidée par l’Abbé Anicet SHUMBUSHO, Secrétaire exécutif de la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP) Bujumbura, qui a délivré une homélie profonde inspirée du message du Christ sur la croix. Il a rappelé que l’amour manifesté par Jésus sur la croix est un amour total, capable d’attirer toute l’humanité vers la réconciliation:

« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. »

Il a souligné que demander pardon exige d’accueillir la lumière de Dieu, afin de reconnaître clairement nos fautes. Le Christ, a-t-il expliqué, s’approche aussi bien de ceux qui se croient justes que de ceux qui reconnaissent leur fragilité.

S’appuyant sur l’évangile de la femme pécheresse et du pharisien, le Secrétaire Exécutif a montré que Jésus rend un jugement de miséricorde divine. La femme, par ses larmes, a exprimé un amour vrai et une profonde repentance ; un exemple pour tous ceux qui cherchent la guérison intérieure.

Il a également rappelé que, tout comme les familles touchées par des pertes douloureuses, chacun porte une part de souffrance et de fragilité :

« Nous ne sommes pas seuls. Personne n’a été totalement épargné. »

Le message central de l’homélie était clair : le péché est une plaie qui doit être soignée, non cachée. A l’image du prophète Isaïe, le prédicateur a invité les fidèles à revenir vers Dieu tant qu’il est encore temps, soulignant que la miséricorde de Dieu peut transformer même les cœurs les plus endurcis.

Il a insisté sur le courage nécessaire pour demander pardon ou pardonner :

  • le courage de s’approcher de Dieu malgré nos faiblesses,
  • le courage d’offrir le pardon à ceux qui nous ont blessés,
  • le courage de reconstruire les relations détruites.

La démarche de réconciliation menée dans le Diocèse et dans d’autres Diocèses du pays ne peut réussir que par l’aide du Christ, a rappelé le Secrétaire Exécutif.

Avant la fin de la messe, l’Abbé Désiré NINAHAZIMANA, Curé de la Paroisse Muramvya, a adressé un discours de remerciements. Il a exprimé sa profonde gratitude envers le Secrétaire Exécutif et l’équipe de la CDJP, qui ne cessent de s’investir dans de nombreuses paroisses afin de promouvoir la paix et la justice.

Il a rappelé que cette année, l’Archevêque a invité toute l’Eglise Diocésaine à s’appuyer plus fortement sur l’apostolat Justice et Paix, pour regarder avec courage ce qui a blessé l’unité et l’amour dans les communautés.

Il a encouragé les fidèles à demander à Dieu d’arracher les « mauvaises semences » et de travailler à restaurer des relations solides et pacifiées au sein des familles et des collines. Il a rappelé aussi que dans les semaines à venir, des messes seront célébrées dans les petites communautés chrétiennes vivantes pour approfondir le message de la réconciliation. L’Abbé Désiré NINAHAZIMANA a rappelé que l’œuvre du Seigneur est de rassembler son peuple, et que sur la croix, Jésus a « renversé les murs qui nous séparaient ».

Il a annoncé que les prochaines étapes du processus de mémoire et d’unité seront précisées dans les jours à venir. Il a également assuré que, prochainement, un temps de deuil partagé sera organisé, afin de permettre aux familles qui n’avaient jamais pu accomplir la levée de deuil définitive de le faire.